JAZZ ETC…  n° 16

SOYONS POSITIFS
 

Tiens ! les bourgeons éclatent… En ce beau début de printemps, et comme le Workshop de Lyon, j’ai eu envie –pour une fois- d’être positif. Oublier, tous les petits (et gros) bobos qui empoisonnent notre belle planète du jazz. Oublier la misère noire dans laquelle se trouvent la plupart des musiciens que nous aimons, oublier que 9 français sur 10 n’ont jamais entendu parler de Charlie Parker et que 9, 99 français sur 10 n’arrivent pas à différencier –après écoute- Evan Parker de Luigi Nono (enquête menée un soir de tristesse absolue auprès de la clientèle du bar Le Penalty à Arles). Oublier que nos musiques ne sont (presque) jamais programmées sur les radios, qu’elles soient nationales ou locales. Oublier que les clubs désemplissent, que les programmateurs (à des très rares exceptions près) se contentent d’aligner têtes d’affiches sur têtes d’affiches et restent sourds à la vraie création. Oublier les abandons de postes, les reconversions forcées (moi même, j’y pense), les querelles inutiles.

Non (libre à vous d’y voir un sens caché) ! tout ne va aussi mal que ça. Il fait beau, les jupes raccourcissent (phénomène souvent remarqué en cette saison) et les musiciens désertent les clubs enfumés pour animer les tréteaux ensoleillés. Et oui, la ronde des festivals va commencer : du 30 avril au 8 mai, le Luberon vibrera aux libres notes de Louis Sclavis, Médéric Colignon, David Murray, Michel Portal, Hamid Drake, Bernard Santacruz, Lucia Recio, Jeanne Added, Jean Aussanaire, Olivier Thémines, Bernard Lubat et quelques autres. Puis, du 17 au 21 mai, Arles prendra des airs new-yorkais en invitant quelques musiciens essentiels de la grande pomme (Gerry Hemingway, Mark Helias, Herb Robertson, Drew Gress, Tom Rainey, Sheila Jordan).

Le 27 et 28 mai prochain à Nice, Jazz Break accueillera le guitariste Raymond Boni pour un week-end (master class et concerts en duo avec votre serviteur puis avec le Dindon Sauvage).

Vive le printemps !